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04 décembre 2011

ACCORD MINEUR

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Alors que dans quelques mois l'avenir de la France se décidera à coups de bulletins de vote, alors qu'il faudra aux futurs élus du courage, de la méthode, et une vision d'ensemble des enjeux de notre temps, le Parti Socialiste (PS) et Europe-Ecologie-Les-Verts (EELV) nous livrent le spectacle pitoyable de la politique politicienne. A vrai dire, la seule qu'ils semblent capables de mettre en oeuvre...


Jamais accord signé entre alliés de circonstances n'aura fait montre de telles divergences.

François Hollande, candidat PS, n'a de cesse de se démarquer de cet accord en déclarant, par exemple, qu'en cas de victoire, il n'appliquerait que les mesures qui lui paraissent les plus essentielles. Autant dire aucune.

Eva Joly, candidate d'EELV, ne semble pas plus emballée que ça à l'idée de devoir défendre ce boulet accroché à sa cheville et dont elle se serait bien passé tant sa campagne peine à décoller. C'est le moins que l'on puisse écrire. En avouant que tout ceci ne la faisait pas rêver, elle a, elle aussi, donné un sérieux coup de canif dans le contrat.

Il faut dire que toute ces tractations ont été organisées dans son dos et que l'union affichée par les caciques de la nébuleuse verte n'était qu'une illusion. Sans doute imaginait-elle, en étant désignée pour mener à bien la campagne écolo, être soutenue par tout un Parti. C'est bien vite et à ses dépens qu'elle se rend compte aujourd'hui qu'EELV n'est qu'un amas artificiel de courants écologistes aux origines aussi diverses que nombreuses.

En moins de temps qu'il n'en faut pour l'écire, les Verts ont été rattrapés par leurs vieux démons. Minés par leurs luttes intestines, ballotés au gré des courants tels une coquille vide sur l'océan, ils avaient eu la fausse bonne idée d'organiser des élections primaires (voire primitives étant donné la qualité des débats entre les candidats) afin de désigner celui (ou celle) qui serait le (la) plus crédible pour défendre leurs couleurs.

C'est ici que s'est noué le drame.

Nicolas Hulot, vexé comme un petit garçon de n'être point le préféré est parti bouder dans son coin.

Reste Eva Joly dont les événements récents nous poussent à se demander si elle ne fut pas élue par les militants sans jamais avoir été adoubée par les cadres du mouvement. Elle avait cru comprendre qu'en remportant les élections, elle devenait le leader incontesté d'EELV.

Monumentale erreur !

Les verts, fidèles à leur tradition soixante-huitarde, ont toujours eu un problème avec le "chef" et son autorité supposée. Du coup, la candidate n'est plus qu'un pion dont la tête dépasse à peine de la mêlée bruyante et verdâtre.

Et finalement, c'est bien l'effet inverse de celui espéré qui se produit : Point de leader droit dans ses bottes désignant du doigt la route à suivre mais bien un enchevêtrement de déclarations confuses et contradictoires débouchant sur cet amphigouri indigeste qui nous est servi chaque jour.

L'affligeant spectable pourrait prêter à sourire si les enjeux n'étaient pas colossaux.

Mais, les convictions de Mme Joly ne pèsent pas lourd façe aux impératifs économiques d'un Parti au bord de la faillite. "Car pour sauver leur organisation de la débâcle financière et pour soutenir la campagne de leur candidate Eva Joly, EELV a besoin d’un accord électoral avec le PS qui leur garantisse un nombre de voix important et un groupe parlementaire" (http://www.marianne2.fr/Exclusif-la-face-cachee-de-l-accord-Hollande-Duflot_a212590.html).

«Nous ne sommes pas prêts à brader nos idées pour quelques dizaines de circonscriptions» déclarait Eva Joly. Eh bien si ! A travers cet accord, les convictions écolos ont été sacrifiées sur l'autel de la survie même du Parti.

Ceux-là même qui ne savent pas gérer leur budget entendent diriger la France à l'heure d'une des pires crises économiques. Cela laisse rêveur...

François Hollande a cru acheter la tranquilité avec les verts en leur réservant "60 circonscriptions gagnables". Quel mépris des électeurs ! Mais c'était sans compter sur la pugnacité norvégienne d'Eva Joly qui, ayant encore du mal à avaler ces couleuvres hypothèque chaque jour un peu plus ses chances d'accéder au palier tant convoité des cinq pour cent des voix à l'élection présidentielle.

Ces arrangements de boutiquiers ne sont pas dignes de l'idée que les citoyens français sont en droit de se faire d'un homme ou d'une femme d'Etat. A l'heure où la Politique doit être incarnée avec vigueur et où les grands principes de notre République doivent être défendus avec force, PS et EELV se partagent déjà le gâteau qu'ils convoitent tant, cédant aux intérêts partisans, oubliant l'intérêt général, celui des français ! Espérons que le gâteau restera derrière la vitrine et qu'ils n'entreront pas dans la boutique...








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